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Venezuela: Chavez parle de conspiration pour museler l'opposition

Par François MEURISSE

Caracas, vendredi 14 mai 2004 (Liberation - 06:00) - Un coup d'Etat a-t-il été évité au Venezuela ou assiste-t-on à une gigantesque opération de manipulation ? Depuis dimanche et l'arrestation de présumés paramilitaires colombiens en banlieue de Caracas, le doute est de rigueur. Pour le très contesté président de la République, Hugo Chavez, la situation est claire, «le Venezuela a été envahi». L'opposition, elle, dénonce une manoeuvre du gouvernement pour occulter la crise politique qui traverse le pays.

C'est dimanche, vers trois heures du matin, que les forces des services de renseignement (la Disip) ont appréhendé 80 jeunes gens en tenue militaire, dans une propriété située au sud-est de la capitale. Plus d'une quarantaine ont alors réussi à s'enfuir dans les montagnes environnantes. Depuis, une vingtaine de paramilitaires ont été repris par les forces de sécurité vénézuéliennes. Le directeur de la Disip, Miguel Torres, a affirmé que l'objectif des paramilitaires était la prise d'un poste de la garde nationale «et d'armer un contingent de plus de 1 500 hommes ces quinze prochains jours».

Selon le ministre de la Défense, le général Jorge Garcia Carneiro, «ce contingent est entré dans le pays en autobus depuis la Colombie, par petits groupes. Cela fait quarante-cinq jours qu'ils sont dans le pays. Beaucoup d'entre eux ont été trompés, on leur avait dit qu'ils allaient être payés 500 000 pesos [150 euros] pour travailler la terre». Information confirmée par un présumé paramilitaire cagoulé, répondant aux questions de la télévision d'Etat VTV, quelques heures à peine après son arrestation, dimanche matin : «Ils nous ont offert du travail, mais quand nous sommes arrivés dans cette propriété, ils nous ont enfermés et ont dit que nous allions être entraînés.»

Conspiration

Aux premières heures, les relations diplomatiques, d'ordinaire tendues, entre le Venezuela et la Colombie, se sont faites cordiales. Le président colombien Alvaro Uribe s'est félicité des arrestations. «Ce dont nous avons besoin, c'est que les pays voisins nous aident à capturer les délinquants de Colombie, guérilleros ou paramilitaires.» L'ambassadrice de Colombie au Venezuela a même offert la coopération de son pays pour la suite de l'enquête, tout en regrettant d'être pour le moment peu informée par les autorités vénézuéliennes. Mais l'entente n'a pas duré après les déclarations de Hugo Chavez, qui a émis des doutes sur la bonne foi de l'armée et des services de renseignement colombiens. Mercredi, le président vénézuélien a affirmé que l'un des chefs du contingent arrêté était un militaire colombien en exercice.

La température est également montée avec les Etats-Unis, le chef de l'Etat vénézuélien ayant évoqué un axe de la conspiration «Caracas-Bogota-Miami», et accusé un général américain d'avoir été au courant de l'existence des paramilitaires colombiens.

La contre-offensive lancée par les autorités vénézuéliennes l'a aussi été sur le front intérieur. Contre des militaires vénézuéliens factieux, dont trois hauts gradés, qui seraient impliqués dans l'affaire. Contre le magnat vénézuélien de la télévision en Amérique du Sud, Gustavo Cisneros, ami personnel des Bush, dont la propriété a été perquisitionnée. Contre l'opposition surtout : certains de ses membres sont accusés d'avoir eu une réunion avec les chefs des soldats arrêtés.

Les opposants ont condamné la présence des présumés paramilitaires et insisté sur les questions qui restent en suspens : comment ont-ils pu traverser la frontière et séjourner un mois et demi dans le pays sans encombres ? Comment expliquer l'absence d'armes à feu dans le campement ? Pourquoi les soldats portaient-ils des uniformes neufs au moment de leur capture ?

Douteuses

Ces arrestations, et les interrogations qui en découlent, interviennent alors que l'opposition va tenter de revalider, du 27 au 31 mai, une partie de ses signatures collectées en décembre pour convoquer un référendum contre Hugo Chavez.

Selon la constitution, 2,4 millions de signatures ­ soit 20 % de l'électorat ­ sont nécessaires pour organiser une telle consultation. Pour l'instant, seul 1,9 million de signatures a été validé par le Conseil national électoral et plus d'un million sont sujettes à vérification car elles sont jugées douteuses. Si les opposants parviennent à confirmer les 500 000 signatures manquantes, le référendum «révocatoire» serait organisé le 8 août prochain.



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